Le siège

Je vie avec mes pairs
Au boulot au dodo
Moi qui ne suis qu’un siège
D’un wagon de métro
Depuis que je suis né
La mode j’la voie passé
Intime parisien
De bien des chutes de reins
Dieu qu’j’en ai caressé
Des dessous en tout genre
Toute sorte de nouveauté
Illusoire élégance
Aux tonnes de chaires fêlés
Qui n’veulent pas m’épargner
Et s’abattent à tue tête
Sur moi et m’font ma fête

Je n’suis pas gratifié
C’est un drôle de turbin
De respirer les pets
D’ces milliers d’popotins
Des culs bien fermes et ronds
Adeptes des clubs de gym
Me lâchent des pets profonds
Les sournois des régimes
Les culs des bons vivants
Voués à l’abandon
M’en lâchent des virulents
J’déprime, j’compte les stations
Les culs conditionnés
A s’poser au bureau
D’un petit dèj expédié
M’en larguent des costauds

Y’a pas qu’ces culs stressés
Qui finissent par m’saoûler
D’arôme fermenté
Surtout en fin d’soirée
République, Châtelet
Nation, Champs Elysées
Les pets des culs d’soirées
Sont très alcoolisés
Les culs qu’je voie rar’rement
C’est ceux des politiques
Députés et ministres
Ou maires d’arrondissements
S’ils ne m’empestent pas
S’ils ne me polluent pas
C’est pas qu’ils ont à faire
Mais j’suis trop populaire

A peine le temps d’souffler
D’être en fin nettoyé
Et j’dois recommencer
J’nai pas de R.T.T
L’mercredi les samedis
Les mômes sont en furies
Les flatulences d’leurs sucreries
M’gazent en folie
Les fesses décontractées
Les culs émerveillés
Des belles américaines
Danoises et africaines
Me font goûter des pets
D’pays qui m’font rêver
L’C.E d’la R.A.T.P
M’y enmèn’ra jamais